13 févr. 2012

Paris/Perpignan 1 - 5,6,7 février -



Le colonel Sendra devant le camp de Rivesaltes

Sur la plage de Barcarès, devant le mémorial à la mémoire des trois RMVE

Lundi

9h30, nous sommes tous en avance.
Le colonel Sendra sort de sa voiture, avenant, le sourire au visage, dans son grand manteau kaki. Il nous guide.
Face au vent devant les stèles, pas le temps de prendre la photo, mais je garde l’image en mémoire, ce temps de recueillement, une émotion furtive.
Son père, républicain espagnol et deux de ses oncles ont fait Le Barcarès. Ici, il ne reste rien, on nous avait prévenu. A l’orée de la mer, dans ces herbes hautes, c’était le champ de tir.
Là ces pavillons, les baraquements. On voit une grande roue au loin, qui tourne seule avec le vent.
Il n’y avait pas de latrines, pas trop de baraques non plus au départ, en tout cas pas en dur. Si on mangeait bien ? C’était l’armée qui nourrissait.
Le monument, qui garde en mémoire les trois bataillons. Le 4ème, on en parle peu. Celui qui est parti le premier au front, mais vers le Liban et la Syrie.
Ici, vous voyez, cette forêt, c’était des vignes, et là, une vieille ferme. Il n’y avait rien autour.





Barcarès, la plage

Autour d’un café, puis au camp de Rivesaltes, la France, elle n’a pas fait que des choses bien vous savez, on a séparés les réfugiés espagnols à la frontière, les femmes dans un camps, et les hommes dans un autre. Il déroule cette histoire pour nous, les réfugiés espagnols qui arrivent, nombreux, trop nombreux et qu’on parque dans les camps. Puis les juifs pendant la guerre, qui seront ensuite déportés. Les Harkis enfin, qu’on a laissés là jusque dans les années 80.
Un lieu de malheur.

Rivesaltes, ce qu'il reste des baraquements



Stèle à la mémoire des juifs déportés

Stèle à la mémoire des réfugiés espagnols

Stèle à la mémoire des Harkis


Des ruines, parpaings, briques, cailloux et végétation, nos pas libèrent une odeur de thym, forte.
Les ruines se découpent sur fond de paysage, le vent souffle comme pour remonter le temps.
En face, le camps d’entraînement des engagés volontaires. 


En face du camp de Rivesailtes, terrain sur lequel venaient s'entraîner les engagés volontaires de Barcarès. Les soldats faisaient le trajet entre Barcarès et Rivesaltes à pied.

Plus tard, retour sur la plage, le sable parsemé de bois flottant, tel un ossuaire.

On s’enfonce dans Barcarès, et c’est partout des pavillons aux fenêtres closes. En suivant la jetée, on arrive au port.
Le cliquetis des câbles, les drapeaux fouettés par le vent. Un village déserté à la morte saison, et pourtant une musique étrange nous accompagne, déformée par le vent.